La cause tatouée sur le cœur

Par Philippine de Tinguy

En 1998, Francine Laplante voit son monde s’écrouler. Vingt et un ans plus tard, avec le livre Ta t o u é e s u r le c œ u r, elle raconte comment elle a accompagné pas moins de 46 enfants malades et leur famille jusqu’à leur dernier souffle.
Tout commence le 1er février, quand son fils biologique, alors âgé de cinq ans, reçoit un diagnostic de cancer. « Après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps, je me suis levée et j’ai fait un pacte avec la vie : tu redonnes la santé à mon fils, et je consacre le reste de ma vie à essayer d’amoindrir la souffrance des jeunes », explique celle qui a adopté quatre autres enfants.


La force d’un clan

Au fil des 108 semaines de traitements intensifs passées avec François-Karl à l’hôpital Sainte-Justine, Francine Laplante croise le chemin de jeunes patients et de leurs familles. « C’est là que j’ai vu la misère de l’être humain et que j’ai réalisé qu’on était pourri gâté jusqu’à l’os comparé aux autres. »
Car dans cette terrible épreuve de vie, la petite dernière d’une fratrie de 12 enfants reconnaît avoir toujours été bien entourée. C’est d’ailleurs ce qui leur a permis, à elle et à son conjoint Dominic, d’accompagner François-Karl tout au long de sa maladie. « Lors du diagnostic, on était une trentaine à l’hôpital. C’est là que les médecins ont réalisé qu’ils étaient pognés avec une gang de fous! », plaisante Francine Laplante, à l’époque vice-présidente aux finances du Groupe Chenail, l’entreprise familiale de fruits et légumes.
Soutenue par son clan tissé serré, la maman a ainsi pu se consacrer entièrement à la guérison de François Karl, alors que de nombreux parents n’ont d’autre choix que de continuer à travailler pour subvenir aux besoins de leur famille.


Promesse tenue

Portée par la promesse faite ce matin de février et par sa facilité naturelle à accompagner les jeunes patients et leur entourage à travers les méandres de la maladie, celle qui se décrit comme une personne intense dans toutes les sphères de sa vie plonge tête première dans cette cause qui devient vite sa raison d’être. « On ne peut pas savoir d’avance quand un enfant va décéder, explique Francine Laplante. On devait donc se relayer avec les parents pour qu’il ne soit pas tout seul. C’est une marque de confiance qui n’a pas de prix. »
En plus de ce répit moral, l’entrepreneure et son clan commencent à organiser des collectes de fonds pour Leucan, avant de lancer leur propre structure en 2002 : la Fondation des Gouverneurs de l’espoir. Grâce à sa détermination et à ses talents de « quêteuse professionnelle », comme elle aime s’appeler, la mère de cinq enfants a ainsi pu récolter des millions de dollars afin d’aider financièrement des centaines de familles. « Ça permettait à certaines de payer les frais funéraires et à d’autres de faire une épicerie », illustre Francine Laplante.
Le bilan d’une vie « J’ai toujours aimé écrire, explique l’autrice. Au fil du temps, je me suis aperçue que c’était ma façon d’évacuer. »


Dans Tatouée sur le cœur, Francine Laplante dresse donc le bilan de sa vie. Elle évoque son enfance, comment elle a agrandi sa famille avec Dominic, son conjoint et complice de toujours, mais aussi les épreuves qu’elle a traversées. « J’ai consacré les vingt dernières années de ma vie aux autres, souvent au détriment de ma propre famille et de ma business, confie celle qui a décidé de prendre une pause pour se consacrer aux siens. Mais je n’ai aucun regret, puisque j’ai profondément aimé chacun de ces enfants. »


Avec Tatouée sur le cœur, Francine Laplante rend également un poignant hommage à ses jeunes protégés en se remémorant, souvent avec humour, de précieux moments passés à leur chevet.


TATOUÉE SUR LE CŒUR, DE FRANCINE LAPLANTE, ÉDITIONS DE L’HOMME, NOVEMBRE 2019.

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