Marc Hervieux Bonifie le temps des fêtes!

ENTREVUE PAR STÉPHANE BERGERON

Pour une troisième année consécutive, Marc Hervieux nous revient dans Décembre, la plus grande fresque musicale du temps des Fêtes signée Québec Issime qui, pour une 17e saison, tiendra l’affiche au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts du 12 au 29 décembre. Devenue un incontournable, cette comédie musicale se déploie à travers 12 tableaux qui nous replongent dans la féerie des Fêtes sous les couleurs évocatrices des grands classiques ayant bercé les Noëls de notre enfance.

DU BONHEUR

Tête d’affiche de ce spectacle à grand déploiement, le ténor québécois y incarne Onésime Lemaire, maire de ce petit village qui, sous un énorme sapin de Noël, prend soudainement vie sous les yeux des spectateurs.


«C’est du bonheur», lance-t-il, visiblement heureux de faire de nouveau partie de cette «super belle gang» qu’est cette imposante distribution de comédiens, chanteurs et danseurs. D’autant plus que sa présence était plus qu’hypothétique cette année en raison d’un conflit d’horaire, lui qui est en répétition tout le mois de décembre pour l’opéra Nelligan que présentera le TNM dès la mi-janvier.


«Il faut croire que Robert Doré [l’un des concepteurs et producteur du spectacle] a été inspirant et convaincant», mentionne Marc Hervieux, lequel ne pourra toutefois accompagner la troupe au Saguenay. Période occupée Avant de rejoindre les rangs de la production en 2017, l’artiste lyrique se rappelle avoir été conquis comme spectateur. «J’ai eu le goût d’en faire partie», relate celui qui, jusque-là, avait été contraint de décliner les offres répétées de l’équipe de direction en raison de son traditionnel spectacle de Noël qui cartonnait au même moment.


Incidemment, Marc Hervieux trouve le temps de poursuivre sa propre tournée du temps des Fêtes qui lui procure «toujours un plaisir immense», ne manque pas de souligner l’interprète accompagné, pour l’occasion, de deux «vieux complices» au piano et violon.
«Souvent, on se retrouve dans une église. Les gens revivent le Noël de leur enfance à la messe de minuit, une nostalgie extraordinaire», note celui dont le répertoire offre un heureux mélange de cantiques, chants traditionnels et grandes chansons populaires.


«C’est un spectacle qui revient d’année en année, dit-il tout en saluant au passage la fidélité du public qui est toujours au rendez-vous.Vraiment un beau cadeau que les gens me font.»

JE SUIS UN PRIVILÉGIÉ

Depuis cet improbable rôle qu’il a décroché lors d’une audition en 1991 pour la pièce Don Juan revient de guerre, Marc Hervieux vit de sa passion.
«J’ai été chanceux, reconnaît-il. Ç’a toujours fonctionné. Je n’ai jamais eu de doute ni de creux dans ma carrière.»


Ce coup du destin, il le doit à la Nouvelle Compagnie théâtrale de l’est de Montréal qui montait une pièce inspirée d’un des opéras majeurs de Mozart, mais surtout à son audace. «Je ne connaissais pas vraiment ça, confesse Marc Hervieux, alors graphiste à son compte dans la jeune vingtaine. Je suis allé acheter un disque et une partition [de Don Giovanni] chez Archambault. J’ai auditionné et ils m’ont pris. À partir de là, je n’ai plus fait de compromis.»


Celui qui, enfant, rêvait d’être chanteur et acteur décide de suivre son instinct: il entre au Conservatoire de musique de Montréal, duquel il obtient un diplôme à l’âge de 27 ans, puis à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. Il choisit la famille Né dans Hochelaga-Maisonneuve, le réputé chanteur d’opéra multiplie les premiers rôles sur les plus grandes scènes du monde jusqu’à ce qu’il mette sa carrière internationale sur pause en 2008.
«Il fallait que je le fasse, sinon la famille n’aurait pas tenu, rappelle-t-il, soulignant que le métier pouvait le faire voyager entre neuf et dix mois par année. Ce n’est pas simple pour une petite famille. Avec trois jeunes filles (aujourd’hui âgées de 18, 15 et 12 ans) que je ne voyais pas grandir, j’ai décidé d’ajuster le tir. Et je ne l’ai jamais regretté une seconde.»


Idem pour le public québécois qui n’en finit plus de le redécouvrir. Depuis 2009, ce dernier a produit pas moins de neuf albums aux couleurs pop et classique, dont trois certifiés or et deux consacrés Album de l’année dans la catégorie Classique/Vocal, et n’a jamais cessé de parcourir la province avec ses musiciens. Sur la scène En plus d’écouler les derniers spectacles issus de son plus récent opus, Nos chansons, Marc Hervieux a lancé, en octobre, au Capitole de Québec, le spectacle C’est si bon… de danser! Où la musique des années 1940 et 1950 reprend ses droits. Inspiré de l’émission de radio du même nom animée par Claude Saucier sur les ondes d’ICI Musique de Radio-Canada, ce show soutenu par un grand orchestre de 18 musiciens recrée l’ambiance des ballrooms. «Le soir de la première, les gens ont dansé sans arrêt du début à la fin», se réjouit-il tout en précisant qu’une piste de danse a été aménagée devant la scène.


Outre le Big Band, la choriste Kim Richardson et Claude Saucier, qui assure l’animation, partagent la scène avec le ténor.


Parallèlement, Marc Hervieux poursuit la tournée en compagnie de son bon amipianiste Claude Webster et de huit autres musiciens.
«J’ai un pianiste extraordinaire qui accepte de recevoir toutes sortes de demandes spéciales, mentionne le nouveau quinquagénaire en soulignant le caractère éclectique de ce spectacle qui se renouvelle sans cesse. C’est comme si on était dans un gros party. J’y interprète des grandes chansons françaises, comédies musicales et extraits d’opéras que je chante dans trois, quatre, cinq langues.» Nelligan De retour de la France où il donnait une série de concerts début octobre, celui qui anime La Dolce Vita sur les ondes d’ICI Musique Classique se glissera dans la peau de Nelligan dès la mi-janvier dans l’opéra du même nom.


«Quand on chante à l’opéra, on joue des personnages, illustre l’artiste qui dit s’ennuyer du jeu. Après une pause de 10 ans, je suis content d’y revenir.»
C’est d’ailleurs lui qui a proposé à la directrice du Théâtre du Nouveau Monde, Lorraine Pintal, de monter l’opéra Nelligan dont il connaît par cœur la musique et le personnage pour l’avoir déjà joué à l’Opéra de Montréal et de Québec. Hyperactif «Chaque fois que je suis sur scène et que je chante, je m’amuse comme au premier jour», fait remarquer ce toucheà-tout qui éprouve autant de plaisir pour l’animation derrière un micro que devant la caméra.


«Je suis un hyperactif, enchaîne celui qui a coanimé pendant deux saisons le magazine quotidien Cap sur l’été à la télévision de Radio-Canada. Je ne peux pas être arrêté trop longtemps; c’est là que je fatigue.» À cet égard, il est plutôt bien servi car les projets qui s’offrent à lui devraient l’occuper pour au moins les deux années à venir.


«J’ai eu 50 ans cet été et c’est comme si on remettait le compteur à zéro et qu’on repartait pour un autre 50 ans. Je suis en forme, en santé; j’ai une famille merveilleuse, plein de projets extraordinaires. Je ne peux rien demander de mieux», termine Marc Hervieux.




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