ON SERA TOUS LA CIBLE D’UN ARNAQUEUR UN JOUR

Article par Jacques Laplante

”L’ambassade américaine” voulait lui remettre l’argent volé

C’était au milieu de l’après-midi, un samedi de mai 2016. Au téléphone, un représentant de l’ambassade américaine qui se confondait en excuses et qui avait le mandat, au nom des États Unis, de réparer le tort causé par l’un de ses concitoyens à Andrée Sirard, il y avait près d’un an.
Surprise par cet appel, et charmée par la très grande politesse dont faisait preuve l’homme au bout du fil, Andrée n’y a vu que du feu. « D’autant plus, précise-t-elle, qu’il savait tout de ma mésaventure vécue quelques mois auparavant. Comment pouvait-il savoir tout ça? C’était assurément un
beau geste du gouvernement américain. »
Malheureusement, c’était plutôt une astuce habilement fignolée par des arnaqueurs professionnels, et pour bien la comprendre, il faut se reporter à l’année 2015. Par un brillant subterfuge, des lascars avaient réussi à lui soutirer 280 $. Parce que le montant était modeste, du moins trop modeste
pour une fraude, pensait-elle, Andrée ne s’était pas méfiée et avaitdéboursé sans trop se questionner les 280 $. Somme en apparence dérisoire, certes, mais en réalité, elle était le prélude à quelque chose de pas mal plus gros.
Andrée, infirmière retraitée de profession qui vit dans un petit bled des Laurentides, avait déjà tout oublié de cette mésaventure. Elle dit d’ailleurs avoir du mal à se souvenir de tous les détails du subterfuge tellement elle n’y avait accordé que peu d’importance.
Aussi, lorsque le « mandataire » de l’ambassade américaine lui dit qu’il rembourserait les 280 $ en les déposant dans son compte, Andrée, une fois de plus, s’est montrée crédule.
Pourquoi se méfier? Après tout, les États-Unis, ce grand et riche pays avait les moyens de corriger les crimes commis par ses citoyens, et puis, le garçon à l’autre bout du fil était tellement malheureux de ce qu’avait fait à l’un de ses compatriotes…
Peu de temps après la conversation, ce n’est pas 280 $ qui lui furent versés, mais plutôt 1  280 $. Le monsieur de l’ambassade la contacta de nouveau la journée même et lui dit que le département des finances avait fait erreur et lui demanda d’ouvrir son ordinateur afin qu’il ait accès à son compte pour récupérer les 1 000 $ versés en trop. Il la prévint qu’il fallait le faire rapidement sans quoi ce dossier allait paralyser tout le système et que cela lui causerait des problèmes.
Andrée s’exécute!
Ce qui devait arriver arriva. Les 1 280 $ avaient été déposés par un organisme qui n’existait pas. Par conséquent, il n’y avait jamais eu d’argent déposé; ce ne fut qu’un chiffre inscrit temporairement à la colonne des dépôts. Tout s’était joué en moins de deux heures. Andrée ne reverra jamais ses 1 000 $. Prise de remords, elle eut le réflexe de fermer son ordinateur
après la transaction et de le faire inspecter par un spécialiste afin que le fraudeur n’y ait plus accès. Et le comble, c’est que pendant que le technicien « nettoyait » l’ordinateur, l’arnaqueur tentait encore de s’y introduire. Ce qu’il ne put faire, fort heureusement.
NDLR : À LA DEMANDE DU TÉMOIN QUI SOUHAITE CONSERVER L’ANONYMAT, SEUL SON NOM A ÉTÉ MODIFIÉ. PHOTO À TITRE INDICATIF SEULEMENT, NE REPRÉSENTE AUCUNEMENT LE TÉMOIN.

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