Même Oprah Winfrey craque pour ses pantalons

LA BONNE ÉTOILE DE LISETTE LIMOGES


PAR STÉPHANE BERGERON

Elle est connue sous le nom de Lisette L. Cofondatrice de Lisette L. Montréal, Lisette Limoges est la directrice de création derrière cette entreprise qui œuvre dans l’industrie de la mode depuis une quinzaine d’années. On lui doit, entre autres, un modèle de pantalon pour femmes qui en a fait craquer plus d’une, dont la plus illustre et la plus influente de la planète, nulle autre qu’Oprah Winfrey. Celle-ci a d’ailleurs propulsé la marque à la grandeur des États-Unis et ailleurs dans le monde.


Déjà 5 ans
À l’hiver 2014, à l’occasion d’un spécial de la Saint-Valentin, l’animatrice télé et prospère
femme d’affaires portait fièrement une création de Lisette L. à la une de O,
The Oprah Magazine.
«Deux fois par année, on descend à New-York pour faire la tournée des éditeurs de magazines et leur présenter notre collection, relate Lisette Limoges en évoquant l’automne 2013 où elle avait laissé quelques échantillons.
La semaine d’après, Oprah a essayé les pantalons et les a adoptés.»
Non seulement a-t-elle enfilé de nouveaux modèles pour illustrer la page couverture de deux autres éditions de son prestigieux magazine, mais
Oprah a également invité Lisette Limoges à prendre part à sa tournée The Life You Want à l’automne 2014, lui permettant ainsi de faire la promotion de sa collection auprès de ses fans. De cette rencontre inespérée est née une amitié entre les deux femmes. «Elle nous a reçus, mon conjoint Neil et moi, à dîner à sa résidence de la Californie. Une journée de rêve», se rappelle-t-elle.


Effet Kathie Lee Gifford
Reste que la première véritable percée aux États-Unis est survenue au printemps 2013 après que l’animatrice à l’émission matinale télévisée The Today Show, Kathie Lee Gifford, eut partagé en ondes son coup de cœur pour un pantalon acheté dans une boutique à Key Largo.
La semaine suivante, la propriétaire de cette boutique de la Floride pas
sait une commande de 150 000 $.
C’est précisément là que l’entreprise montréalaise allait connaître son véritable essor, quadruplant rapidement ses effectifs de cinq à 20 employés, se souvient David, le fils de Lisette et Neil, aujourd’hui vice-président de l’entreprise familiale.
«Six mois plus tard, mes parents étaient invités à assister à l’émission américaine alors diffusée exceptionnellement en direct de Montréal, où ils avaient été présentés à la caméra. Il y a deux ans, ma mère était à nouveau sur le Show, cette fois dans les studios de la NBC.»
Mine de rien, Lisette L. Montréal a défrayé la manchette une dizaine de fois à The Today Show, l’émission la plus regardée à la télé américaine avec une moyenne de cinq millions de téléspectateurs par jour.


Un besoin à combler
L’idée de lancer leur propre ligne de vêtements est venue tout naturellement, explique Lisette Limoges, rappelant que son conjoint et elle représentaient depuis déjà de nombreuses années des manufacturiers de vêtements à travers les boutiques de la province.
À l’écoute des besoins exprimés par leurs clients, ils ont identifié un problème auquel le marché ne semblait proposer aucune solution.
«On a développé un pantalon prêt-à-porter à la fois confortable, facile d’entretien et qui s’ajuste à toutes les silhouettes.»
Sous la griffe Lisette L. Montréal est alors apparu sur les planches à dessin un modèle de pantalon sans fermeture éclair ni bouton, pourvu à l’intérieur d’un maillage de contrôle abdominal affinant discrètement la silhouette de
celle qui le porte.
L’objectif était de «créer une ligne de vêtements pour femmes qui accordait la priorité à l’ajustement. Si nous voulions bien évidemment nous assurer de créer des styles tendances, nous voulions des pantalons qui fassent bien et conviennent aux femmes de tous les âges et de tous les styles de vie, et
qui répondent aux besoins de toutes les morphologies», précise la femme d’affaires.


Production locale
Lisette Limoges se fait un point d’honneur de confier plus de 90 % de sa production de vêtements à des sous-traitants et manufacturiers montréalais, contribuant ainsi au maintien de quelque 150 emplois dans la région.
À cela s’ajoutent une cinquantaine de représentants sur la route et une soixantaine d’employés qui s’activent sur les deux étages qu’occupe l’entreprise familiale au 9250, avenue du Parc, angle Chabanel, au cœur du Quartier de la mode.
Ces quartiers généraux abritent les départements de création et design, ventes et marketing, exportation et administration, de même que le centre de distribution.
Dès le départ, il était entendu que la production des pantalons, chemisiers et vestons se fasse à Montréal, dont la réputation n’est plus à faire dans l’industrie de la mode. Pas question de lésiner sur la qualité.
Autre avantage de produire ici plutôt qu’à meilleur marché en Asie : la flexibilité que cela confère à l’entreprise qui peut livrer en une semaine une commande imprévue, laquelle nécessiterait autrement un délai minimal de trois mois.


À travers le monde
Vendus dans quelque 3500 boutiques à travers le monde, les vêtements griffés Lisette L. Montréal sont disponibles en Amérique du Nord, mais également en Europe et en Océanie, notamment en Australie et Nouvelle-Zélande.
«La prochaine étape, c’est l’Amérique du Sud et l’Asie», mentionne Lisette Limoges, dont les ventes à l’international représentent plus de 65 % de son chiffre d’affaires. En matière de stratégie de développement, l’entreprise
montréalaise, qui perçait l’an dernier le marché du Mexique, privilégie la voie des agents à celle des distributeurs, ce qui lui permet d’assurer un meilleur service après-vente.


Vendeuse-née
D’aussi loin qu’elle se souvienne, Lisette Limoges a toujours été attirée par le commerce, la vente et les relations interpersonnelles.
«J’étais une vendeuse à 6 ans, dit-elle en se remémorant son enfance à Fatima, un quartier de Longueuil où ses parents exploitaient une épicerie dans le prolongement de la maison familiale. Quand ma mère préparait le dîner, je répondais aux clients. J’ai toujours été en contact avec le public.»
Diplômée en secrétariat juridique, elle débutera sa carrière à la Chambre criminelle du palais de justice de Montréal. «Je m’ennuyais, confesse celle qui aura occupé cet emploi pendant huit ans. J’ai rencontré mon mari dans les années 1970 et commencé à travailler avec lui. Il vendait des tissus
aux manufacturiers, puis on est devenus représentants pour des fabricants de vêtements.» C’est ainsi qu’elle a trouvé sa voie.

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